Au réveil, je découvre avec horreur que je me sens exactement comme hier matin. Que je suis exactement là où je m’étais laissé - lassé - la veille.
Animé d’une force molle, un orteil flasque sort son nez de dessous la couverture, puis un autre, et c’est toute une jambe qui dégouline du lit pour s’écraser partiellement au sol. Rejointe par la seconde dont le genou heurte le sol dans un choc assourdi. Rien d’inhabituel jusque-là, je me dresse et continue donc sur la voie des us matinaux : se traîner en cuisine – ouf, ça n’est que 4,80 mètres plus loin – réchauffer le café de l’avant-veille (je fais beaucoup de café une fois tous les trois jours), trouver un petit déjeuner potable équivaut ce matin à une pomme, dont moins d’un tiers seulement est pourri, suivie d’une biscotte rassie.
Avant de partir j’entends Léa remuer et grommeler. Habituellement elle ne se lève pas avant … mmh, quand elle en a envie. Cela fait un mois et demi qu’elle a perdu son job pour « conduite trop évasive », elle fumait beaucoup de hash. J’ai dû la « déranger » parce que là, elle s’est levée, s’est dirigée, titubante, jusqu’à la cuisine et s’est allumée un joint de la veille en se servant du café. On est restée un instant à se contempler d’une léthargie complice (nos sales gueules n’ayant rien à envier l’une à l’autre) avant qu’elle ne me jette :
- T'as l'air...
...d'un cendrier.
J’ai haussé les épaules et suis allé vérifier ses dires devant un coin clair du miroir crade de la salle de bains. J'avais comme un mégot au fond des yeux.
Sans un mot, j’ai quitté l’appartement et ai entamé ma lente progression vers les bureaux de l’EAM.co, une société d’assurances. J’y suis assistant polyfonctionnel. Larbin. Bien dans leurs rails, mes deux jambes mènent le pas sans rien me demander, elles connaissent le chemin, et mon esprit s’égare.
Mais où est donc passé le temps où, comme HFT, je "pédalais dans les nuages au milieu des petits lapins" ?
Animé d’une force molle, un orteil flasque sort son nez de dessous la couverture, puis un autre, et c’est toute une jambe qui dégouline du lit pour s’écraser partiellement au sol. Rejointe par la seconde dont le genou heurte le sol dans un choc assourdi. Rien d’inhabituel jusque-là, je me dresse et continue donc sur la voie des us matinaux : se traîner en cuisine – ouf, ça n’est que 4,80 mètres plus loin – réchauffer le café de l’avant-veille (je fais beaucoup de café une fois tous les trois jours), trouver un petit déjeuner potable équivaut ce matin à une pomme, dont moins d’un tiers seulement est pourri, suivie d’une biscotte rassie.
Avant de partir j’entends Léa remuer et grommeler. Habituellement elle ne se lève pas avant … mmh, quand elle en a envie. Cela fait un mois et demi qu’elle a perdu son job pour « conduite trop évasive », elle fumait beaucoup de hash. J’ai dû la « déranger » parce que là, elle s’est levée, s’est dirigée, titubante, jusqu’à la cuisine et s’est allumée un joint de la veille en se servant du café. On est restée un instant à se contempler d’une léthargie complice (nos sales gueules n’ayant rien à envier l’une à l’autre) avant qu’elle ne me jette :
- T'as l'air...
...d'un cendrier.
J’ai haussé les épaules et suis allé vérifier ses dires devant un coin clair du miroir crade de la salle de bains. J'avais comme un mégot au fond des yeux.
Sans un mot, j’ai quitté l’appartement et ai entamé ma lente progression vers les bureaux de l’EAM.co, une société d’assurances. J’y suis assistant polyfonctionnel. Larbin. Bien dans leurs rails, mes deux jambes mènent le pas sans rien me demander, elles connaissent le chemin, et mon esprit s’égare.
Mais où est donc passé le temps où, comme HFT, je "pédalais dans les nuages au milieu des petits lapins" ?